POUR TOI

 

Je me coucherai devant ta porte

Jusqu'à ce que le vent m'use et m'emporte,

Le coeur contre le bois pour guetter

La douceur de ton pas de l'autre côté.

 

Je ferai des kilomètres et des kilomètres

Pour grimper et passer par ta fenêtre,

Pour passer d'un monde où les mots sont falaises

A celui contre toi où le silence m'apaise.

 

S'il faut te suivre je te précèderais,

S'il faut te chercher je te trouverais

Aprés avoir sillonné terres et mers,

Aprés avoir vu le bonheur et l'enfer.

 

Je sais que ton pas viendra,

Que ta fenêtre sera ouverte,

Je sais que tu me rejoindra,

Que même perdue tu seras en alerte.

 

Pour toi j'aurai froid

Sur le trottoir sale et plat.

Mais le jour se lèvera

Et cette aurore c'est toi.

 

 

Clairac, le 14 janvier 1994

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